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Le gouvernement donne le coup d’envoi du carnet de santé numérique

Attendu depuis près de 15 ans

La ministre de la Santé a lancé la généralisation du Dossier Médical Partagé (DMP), ce mardi 6/11/18. Sorte de carnet de santé numérique, il permet de "retrouver dans un même endroit" son historique de soins des 24 derniers mois, ses antécédents médicaux, ses résultats d'examens, etc.

Lundi, déjà, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a invité «tous les Français» à «se faire ouvrir» un DMP, soit sur internet, soit chez leur pharmacien, vantant «un outil de partage d’information pour faire de la meilleure médecine», avec «des gains de temps, peut-être des économies» à la clé.

Objectif 40 millions en 2023

Présenté pour la première fois en 2004 par le ministre de la Santé de l’époque, Philippe Douste-Blazy, le DMP est tombé dans le giron de l’Assurance maladie en 2016, en vertu de la loi santé de Marisol Touraine, soucieuse de relancer un dispositif au point mort malgré son coût, d’«au moins 210 millions d’euros» en sept ans, selon la Cour des comptes.

 

Près d’1,9 million de personnes disposent actuellement d’un DMP, selon l’Assurance maladie, loin de l’objectif de 40 millions d’ici à 5 ans fixé avec des syndicats de professionnels de santé. Mais plusieurs innovations devraient contribuer à lever certains freins.

Les patients pourront cette fois ouvrir eux-même leur dossier en ligne, auprès des agents des caisses d’assurance maladie, ou des pharmaciens, rémunérés un euro par dossier créé. Environ 300 000 DMP ont ainsi été ouverts depuis juillet dans 8 000 officines, selon l’Assurance maladie, qui envisage désormais de proposer une rémunération similaire aux infirmiers, souvent au contact de patients peu mobiles.

 

Côté patient, le DMP n’a aucun impact sur les remboursements. Seul le médecin traitant «peut accéder à l’ensemble des informations», le patient pouvant bloquer les professionnels de son choix, ajouter ou masquer certains documents, ou supprimer son DMP, dont les données, «stockées dans des conditions de grande sécurité», selon M. Revel, seront conservées pendant 10 ans.

 

Appelé à évoluer, le DMP intègrera «dès avril 2019» un espace «réservé aux directives anticipées» et bénéficiera d’une nouvelle version de l’application mobile, plus ergonomique, insiste l’Assurance maladie.

 


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